Vivre à 2

couple-miroir

Amour romantique, coup de foudre, tomber en amour…, sont des expressions que l’on utilise pour démontrer l’amour, l’attirance que l’on a pour l’autre, réel ou imaginaire. On croit avoir rencontré LE partenaire idéal, celui que l’on attendait, qu’on a l’impression de connaître depuis toujours.

Une simple phrase, un regard pénétrant et la magie opère sur les amoureux envoûtés, subjugués dès le premier instant.

Euphorie, quand tu nous tiens

Quand on tombe amoureux, des zones de notre cerveau sont activées par notre usine chimique interne. Les amoureux sont alors littéralement intoxiqués, « hormonalement » parlant! Quand on emploie l’expression « lune de miel », le cerveau dégage de la dopamine et de la norépinephrine. Tout devient subitement spectaculaire! Le cerveau produit également de l’endorphine et de l’enképhaline, des narcotiques naturels qui augmentent les sentiments de sécurité et de bien-être. C’est un peu comme si le couple était sous l’effet d’une drogue.

« Le coup de foudre » résulte pour sa part d’une hormone du sentiment amoureux qui se nomme la « fénilétilamine », qui n’est ni plus ni moins que de l’amphétamine qui produit un effet semblable à celui de la cocaïne. Cette hormone se retrouve aussi dans le chocolat noir et le vin rouge, expliquant peut- être pourquoi des personnes consommant beaucoup de chocolat noir et de vin rouge pourraient être en manque de passion dans ieur vie… Mais l’important n’est pas de con-naître toutes les fonctions des hormones, mais de comprendre que toute cette valse hormonale se produit sans que nous en soyons conscients.

Quand la valse s’arrête

À notre grand désespoir, mais heureusement pour notre santé, notre usine chimique interne cesse de produire cet excédent hormonal après une période de six à dix-huit mois d’effervescence. Tant mieux, car nous ne pourrions pas maintenir un tel rythme à long terme. Souvent, cette désactivation se produit au moment même où le couple décide d’insérer un premier projet commun, comme celui d’habiter ensemble, d’avoir un enfant, etc. C’est alors que les premiers conflits s’installent, que les disputes et les reproches s’intensifient. Cette deuxième phase du couple s’établit inévitablement chez tous les tourtereaux. Comment sortir gagnants de cette impasse? Trois solutions possibles : la séparation, le mariage parallèle, la relation consciente.

La séparation représente plus de 50 % des choix que font les couples qui croient que c’est la seule avenue. Quant au mariage, il va être envisagé soit pour des raisons morales, financières ou encore pour le bien-être des enfants, si le couple en a eu. Une fois mariés, les conjoints vont chercher toutes sortes de stimulants pour les aider à se sentir vivants. En réalité, il s’agit d’une sorte de divorce invisible où l’amour va s’éteindre peu à peu. Seulement 20 % des couples vont choisir de créer une relation consciente; ils se rendent compte que derrière toute relation amoureuse se dissimule un objectif encore plus im¬portant, soit la guérison des blessures affectives de l’enfance.

Quand l’amour devient conscient

Alors que l’amour inconscient nous fait croire que notre partenaire va répondre à tous nos besoins affectifs, l’amour conscient se développe pour sa part lorsque les conjoints veulent investir dans leur couple, exprimer leurs besoins et définir ensemble leurs objectifs personnels. Quoi qu’on en pense, tous les couples passent à travers la phase romantique – lune de miel – pour ensuite goûter à la lutte de pouvoir, comme si nous étions guidés par un pilote automatique. Pour emprunter le chemin de l’amour conscient, nous devons ap¬prendre et comprendre ce qui nous amène à provoquer ces altercations avec l’autre…

Si nous ramenons nos besoins de l’enfance non satisfaits dans nos relations adultes pour les résoudre et, comme notre partenaire partage sou¬vent les mêmes limitations que nos propres parents, ces besoins non satisfaits sont réactivés et nos frustrations sont revécues à d’autres niveaux. En fait, la rencontre amoureuse réunit deux enfants blessés qui vont vivre des interactions qui se situent au niveau de leur inconscient.

Je me vois en toi…

Les partenaires, tels des miroirs, se reflètent mutuellement des parties d’eux-mêmes qui leur appartiennent, blessures inhibées qu’ils repoussent depuis leur enfance. Si ce miroir nous attire au début, en période de lune de miel, il va vite finir par nous blesser. C’est alors que l’amour conscient va nous permettre de voir chaque frustration comme une opportunité pour guérir, ensemble.

C’est à travers ce processus de conscientisation que le couple va pouvoir atteindre un amour véritable, solide et surtout durable; chaque partenaire voyant l’autre non pas dans un miroir déformé, mais comme il est en réalité; chacun d’eux assumant sa responsabilité d’exprimer ses besoins et désirs, tout en acceptant qu’ils soient différents de ceux de l’autre. Au départ, la relation va se vivre au niveau de l’inconscient et réunir deux personnes qui pourront soit se détruire, soit se guérir, selon leur volonté de grandir et de changer. La relation pourra alors devenir un lieu de croissance et de développement, et non un lieu de souffrance.

Choisir de grandir ensemble

L’amour conscient est un cheminement. Il se bâtit au fil du temps et renforce le lien entre deux personnes. Il intensifie la volonté de grandir ensemble, tout en respectant le rythme et les besoins de chacun. Il évolue vers plus de complicité. Ce n’est pas un feu de paille, mais un embrasement conjoint de l’âme et du cœur.

Le conflit de Pinocchio

Menteur

Bonjour le menteur!

Être traité de menteur! Aimeriez- vous être reconnu ainsi au travail, à la maison, par vos amis ? Sans doute non.

Mais si on vous posait directement la question : « Mentez-vous parfois ? » Vous  pourriez peut être répondre oui, ou après avoir hésité et bégayé, répondre « rarement », » quand je n’ai pas le choix ». Peut-être seriez-vous celui qui est prêt à jurer sur la tête de sa mère qu’il ne ment jamais, alors que vous venez juste de le faire.

Il faut admettre que les escrocs, les manipulateurs, les infidèles, les enfants n’ont pas l’exclusivité du mensonge. Chacun d’entre nous y a eu recours plus ou moins fréquemment. Ce comportement inexcusable pour certaines personnes, l’est pour d’autres. Dans ces cas-là, il y a de bonnes raisons de mentir pour ne pas provoquer de conflit, ne pas blesser, ne pas faire de peine.

Il y a 3 niveaux de mensonges :

  • Le mensonge normal est épisodique, motivé et proportionnel à son objectif.
  • Le mensonge moyen se traduit par une augmentation du nombre de mensonges et ce, quotidiennement.
  • Le mythomane utilise le mensonge comme une seconde nature, ne se rend pas compte de ses mensonges, exagérations et dissimulations. Peut avoir des conséquences plus ou moins graves.

Pour un menteur, les mensonges et les simulations sont, aux départs, conscients et utilitaires. Contrairement au menteur, le mythomane est inconscient de son mensonge. Il croit vraiment ce qu’il raconte, il est sincère avec lui-même. Le mensonge lui permet de fuir une réalité qu’il ne peut accepter ou affronter sans souffrir. Cette fuite de la réalité traduit généralement un manque de maturité affective et de confiance en soi.

La mythomanie, c’est la tendance systématique, plus ou moins volontaire, voire inconsciente, à la fabulation et à l’altération de la vérité. La mythomanie peut prendre différentes formes comme le mensonge, les oublis volontaires, les informations incomplètes, les exagérations, la minimisation, les fables imaginaires, simulations de maladies mentales ou physiques. Il existe également des mensonges plus subtils tels que les excuses, les justifications.

Le but du mythomane est d’aller chercher un gain, de la popularité, faire l’imposition de ses idées ou encore l’évitement d’un échec. Il vise à obtenir des avantages ou à éviter des inconvénients. Il invente. C’est quelqu’un d’instable, d’influençable, de théâtral, d’inconscient, bon acteur, convainquant.

La personne mythomane n’a pas confiance en elle et aux autres. Elle a besoin de prouver aux autres qu’elle est capable, qu’elle est qualifiée. Elle vit dans un monde d’illusions par rapport à elle-même. Elle se fait des scénarios mentaux qui contribuent à se duper elle-même et duper les personnes qui l’entourent.

Elle veut attirer l’attention, se faire entendre, se sentir importante et aimée car elle a un manque d’amour inscrit profondément en elle. En mentant, elle se sent aimée, a l’attention des autres.

De plus, la gérance constante de ce qu’elle a dit, n’a pas dit est difficile à concilier. Cela peut causer de la confusion et oblige, dans plusieurs cas, les autres à mentir.

La mythomanie devient pathologique si elle persiste au-delà de l’enfance.

Souvent, les gens jugent négativement la personne mythomane comme si elle présentait une image d’elle-même malfaisante, nuisible, conflictuelle voire même nocive. Les mythomanes sont, d’abord et avant tout, des personnes blessées.

Ccomme le dit le célèbre Dr house : « tout le monde ment ». On pourrait presque dire qu’il n’y a que notre corps qui dit la vérité. En effet, nous mentons tous et ce, tous les jours. Il y a, selon moi, 3 grands types de mensonges :

Celui qui vise à protéger l’autre, pour ne pas qu’il soit stressé. Cela peut renvoyer à des mémoires d’équations (mémoires d’émotions déjà vécues) comme : vérité = drame ou mort (dans le sens de survie).

Dire la vérité = une punition. Si on à découvert depuis longtemps que le mensonge fonctionne, on va continuer à mentir (béhaviorisme), comme un gain à obtenir.

Le mensonge social qui peut viser à nous protéger : on va émettre les mêmes opinions que les autres pour faire comme eux, en arguant du désir de protéger l’autre. Nous pouvons alors mentir pour ne pas blesser l’autre et éviter ainsi qu’il ne puisse éventuellement nous rejeter ou faire quelque chose d’autre, en réaction. Celui-ci peut intervenir pour nous protéger de certaines de nos blessures, celles-ci pouvant être multiples et variées. Il peut donc y avoir des stress biologiques sous-jacents (stress générationnels) mais seule une étude plus approfondie de la vie ou de l’arbre généalogique de la personne pourrait nous dire lesquels sont à travailler. D’une manière métaphorique, on pourrait presque dire que c’est une maladie génétique.

Le mensonge pour manipuler l’autre et obtenir ce qu’on veut ou faire du mal à l’autre. Celui-ci s’inscrit clairement dans une logique biologique   « je ne dois pas être compris de l’autre pour le retenir ou lui échapper », donc pour cela, il faut que je lui mente, semblable à l’enfant qui se sent coupable.

Dans la nature, il faut être compris de ses amis et incompris de ses ennemis. Dans ce cas de figure, il faut clairement regarder les stress qui nous indiquent que l’autre peut être un ennemi pour nous et parfois avec l’obligation de devoir cohabiter avec : la mémoire d’un évènement, d’une personne qui a été un frein ou un danger pour notre vie ou la vie d’une autre personne.

Mais d’une manière générale, seule l’histoire propre et familiale de la personne peut nous éclairer là-dessus. Il faut regarder plusieurs axes possibles dans l’histoire de la famille, les évènements précis :

  • en quoi le mensonge a-t-il pu justifier une naissance à un moment donné de la vie familiale ?
  • en quoi le mensonge aurait-il pu sauver la vie de quelqu’un ou a sauvé la vie de quelqu’un ?
  • en quoi la vérité a-t-elle pu, à un moment donné de l’histoire familiale, provoquer un drame voire la mort ?

Apparaître sous son vrai jour fait souvent peur, peur de ce que les autres vont penser de moi. Le recours au mensonge ne doit pas être banni ni éliminé complètement de votre vie. Il protège parfois. Toutefois, il doit rester rare et être utilisé de façon à limiter les dégâts.

Solution…

Prendre conscience que je mens ou faire prendre conscience à quelqu’un qui ment est la 1ère étape à franchir.

Et pour ceux qui veulent aider un menteur pathologique, à le conscientiser de son mensonge, il est préférable de lui refléter son mensonge et non l’attaquer par lui. Argumenter avec une personne mythomane risque de provoquer une obstination qui se renforcera et le butera dans son déni.

En étant conscient de son mensonge et en réduisant son anxiété (stress de performance) et son besoin viscéral d’être aimé, en ayant plus confiance en elle, la personne mythomane pourra en arriver à être elle-même et se sentir aimée sans avoir besoin de mentir.

La patience et l’amour sont les clés pour accompagner la personne qui utilise le mensonge pour  dissimuler sa souffrance..

La relation perdue — les loups

Les loups

Parler des loups, c’est entrer, non pas dans le domaine de la légende, mais bien dans un environnement structuré, hiérarchisé où la survie dépend de tout un ensemble de facteurs. Cette hiérarchie est essentielle à l’équilibre d’une meute dont le chef dicte, sans aucune équivoque, les limites de son territoire. Ne pas les respecter signifie la disgrâce.

Dans divers domaines, qu’ils soient professionnels, personnels ou autres, nous retrouvons souvent une certaine hiérarchie. Que celle-ci soit imposée ou non, intentionnelle ou pas, nous y sommes régulièrement confrontés. Il serait toutefois prétentieux de croire que les être humains sont les seuls à intégrer ce mode de fonctionnement à leur vie courante. Tout comme les loups, nous faisons partie d’une meute dans laquelle chacun occupe une place particulière, au premier ou au deuxième rang. Si nous nous référons aux propos de Jean-Philippe Brébion, « (…) notre cerveau est directement issu de notre appartenance aux différents règnes de l’évolution – minéral, végétal, animal et humain. Tout dans notre biologie – notre corps et toute la manifestation de la vie en nous – est d’abord animal. Notre cerveau biologique est animal et il s’exprime dans notre inconscient cellulaire.»

Semblables aux loups, les humains luttent pour protéger leur territoire. Inconsciemment, une partie de notre cerveau; le cerveau reptilien, se met en mode survie, quand l’on se sent menacé,  laissant la partie animale en nous réagir devant le danger.  Que ce soit pour se protéger soi-même, ceux que l’on aime, la maman protégeant ses petits, se nourrir, préserver notre bien-être, notre maison (territoire), etc.;  il y a un parallèle évident, dans le comportement des humains et des loups.

Tout comme nous, les loups ont un univers social, voyagent, jouent, chassent et mangent en meute. Comme des équipes de gestion, les meutes varient en taille. Chaque membre joue un rôle spécifique, en lien avec son rang dans la meute, comme dans une entreprise.

Les loups comprennent très bien la notion du travail d’équipe. Pour que la chasse soit fructueuse, tous doivent travailler ensemble. Tous les loups connaissent leur rôle et leur position dans la meute.

Leur existence est régie par un code informel qui veut que la meute passe avant tout. Il n’est pas rare quand on examine une entreprise qui ne performe pas, de constater que le PDG ou les propriétaires font passer leurs besoins avant ceux de l’entreprise.

LE CHEF DE CLAN

Le dominant de cette meute est le loup qualifié d’Alpha. Se tenant au premier rang de la troupe, c’est le véritable mâle, celui qui ne craint rien, le pacifiste qui soutient son clan. Aucun conflit ne sera engendré par un Alpha, car il a suffisamment confiance en lui pour reconnaître que nul ne prendra ou ne tentera de lui voler sa place au rang d’alpha.

Lorsque les loups chassent, ils le font en meute, tous ensembles. Cependant, bien qu’il ait été simple de penser que l’alpha, une fois dans la meute, s’intègre de manière confondante au reste de son groupe, l’alpha demeure aisément identifiable. Sa physionomie relativement imposante ne peut tromper personne, pas même le regard insolite d’un homme. Cage thoracique bombée, queue relevée, ainsi sont les traits physiques d’un alpha.

Certains jeunes loups tentent leur chance seuls, cherchant à faire leur place, mais généralement les loups plus âgés (Alpha) tendent à être les leaders et à commander le respect de la meute. C’est l’alpha qui prend les décisions pour le groupe. La meute se protège et protège ses membres.

Une personne alpha se démarquera du groupe auquel elle appartient par ce qu’elle dégage ainsi que par la manière dont elle se comporte. « (…) la manière dont nous nous situons dans les relations de tout ordre, comment nous sommes performants ou non, la place que nous prenons dans notre famille, auprès de nos amis, dans notre vie professionnelle et dans notre vie en général. En résumé, ce sont tous nos espaces d’évolution. »

L’une des caractéristiques les plus communes chez les leaders, qui connaissent du succès est une curiosité presque extrême. Les loups démontrent également cette grande curiosité envers tout ce qui les entoure.
De plus, si chez les humains l’homme et la femme se complètent, font la paire, il en va de même pour les loups. Ainsi, l’Alpha se choisira une louve d’un rang idem au sien.

Un chef de meute qui aura été brimé, que ce soit par une « castration » de la mère ou par une forme de rejet ou de remplacement du père, se verra chuté au second rang, comme n’importe lequel d’entre nous le ferait  c’est-à-dire à celui de bêta.  Si le phénomène se produit chez les loups, il est aussi présent chez nous et ce, probablement plus qu’on ne pourrait l’imaginer. On peut fréquemment constater ce phénomène dans une relation mère-fils où cette dernière exercerait un contrôle sur son enfant, l’empêchant de s’épanouir. En d’autres mots, une mère contrôlante entraînera  la  « castration » de son fils. « La descendance concerne tout ce que nous concevons et projetons.»

La portée de louveteaux du couple alpha, bien qu’ils se tiennent et jouent ensemble, sont déjà conscients de cette hiérarchie déjà installée entre eux. Ils sentent lequel  sera le futur alpha de la meute. Généralement, l’alpha père cède la place à l’alpha fils lorsque celui-ci atteint l’âge de 7 ans. « La vie animale se base sur un rapport de pouvoir de dominant-dominé, ce qui a un sens biologique pour la survie de l’espèce. »

De notre côté, lorsque nous entrons dans un environnement quelconque occupé par plusieurs individus, nous savons inconsciemment qui sont LES alphas du groupe. En effet, il peut y avoir plusieurs alphas ensemble sans qu’aucun problème ne survienne. Le fait est que les humains et les loups de niveau alpha ne compétitionnent pas entre eux, ce qui élimine dès le départ toutes sources de conflit. Un alpha ne se défend que s’il se sent attaqué. Donc, si une situation problématique se développe et qu’il y a une personne qui tente de se « battre », c’est qu’il s’agit d’un faux alpha. «Nous sommes des êtres vivants dont la biologie est issue de l’animal et des trois paramètres : territoire, alimentation, descendance, inscrits dans notre cerveau biologique cellulaire inconscient. Le TAD représente pour nous, humains, des notions plus élargies que celles purement animales, mais tout ce qui concerne notre vie est toujours relié à l’un de ces trois paramètres que le cerveau biologique va lire dans toutes les tonalités possibles.»

LA PHILOSOPHIE DU LOUP

Les loups sont très patients envers eux-mêmes et les autres membres de la meute. Ils sont  très concentrés sur leur objectif pour l’atteindre et leur rôle au sein de la meute. Ils respectent les responsabilités et dépendent des réalisations individuelles de chacun. Ces simples faits renforcent l’unité de la meute. Les loups portent une grande attention à ne pas dédoubler les efforts. Le respect et l’intégrité sont primordiaux dans une meute de loup.
Les loups ne cèdent pas, Ils n’abandonnent jamais.

« Jamais! Jamais! Jamais! N’abandonnez jamais » disait Winston Churchill. Ces mots se prêtent parfaitement pour décrire la persévérance du loup dans l’atteinte de ses objectifs. Les loups semblent savoir instinctivement que si vous échouez au premier essai, vous devez vous reprendre. Il va de soi, pour la meute, qu’on continue, qu’on n’abandonne jamais tant que le leader ne sonne pas la cloche. Cela ne veut pas dire que les loups gagnent à chaque fois, mais cela signifie qu’ils n’abandonnent jamais.

S’ils se dirigent vers un autre objectif et que vous tentez de leur barrer la route, ils chercheront une autre voie. Voilà une bonne philosophie  à adopter.

Être conscient de son rôle

Si, par exemple, dans un cadre professionnel, un employé est victime d’une tentative de « castration» par son supérieur, nous pouvons dire qu’il est également victime d’une «attaque» de faux alpha. Dès l’instant où l’employeur alpha décidera que la place qu’il a choisie, qu’il désire est la sienne, le faux alpha tombera. Cet exemple nous ramène au fait qu’un alpha ne se défend que si on l’attaque et non sans raison valable. La confiance est un trait dominant du vrai alpha, qu’il soit loup ou humain.

Fait vécu de deux couples « loups »

Exemple 1 :

Charles et Sophie

Charles est un alpha qui, lorsqu’il se cherche une femme, recherche d’abord et avant tout la mère de ses enfants. Sophie qui, elle, recherche également l’homme qui sera le père de ses enfants. Cependant, bien qu’on aurait pu croire que le dernier mot quant au choix définitif du compagnon de vie revient au mâle, il n’en est rien. C’est en fait à la femme que ce choix revient. Donc, dans notre exemple actuel, c’est Sophie qui choisit son « homme» et non le contraire. Ce choix est effectué en lien direct avec le TAD, assurant ainsi une certaine qualité de vie à ses enfants, à sa progéniture.

Cependant, un conflit survient dans cette situation car, bien que Sophie ait eu le «courage» ou le cran d’aller séduire cet alpha, elle est une alpha dominée par son mari. Son manque de confiance en elle, son énergie, sa façon d’être et de se comporter, son manque de cran et de courage (lesquels elle a utilisés pour le séduire), sont des traits particuliers aux bêtas, mais aussi des traits peu appréciés des alphas. Ainsi, l’alpha insatisfait cherche ailleurs cette alpha qu’il croyait être Sophie. En fait, il cherche Sophie dans les bras d’autres femmes, car, inconsciemment, il sait que c’est elle sa louve.

Quelque temps plus tard, une séparation est survenue en raison du manque de respect et de multiples incompréhensions de part et d’autre. Délivrée d’une relation où elle était dominée, Sophie se retrouve seule en son territoire et prend ainsi une confiance, de l’audace et adopte un comportement déterminé dans ce qu’elle entreprend. Charles, voyant le changement entre celle qui l’avait séduite et celle qu’il espérait, ne peut résister à cette femme, cette louve devenue alpha qui est la sienne. Parfait dirions-nous, d’un bref coup d’œil, mais en réalité, maintenant qu’elle est devenue son idéale en quelque sorte, il souhaite ardemment son retour en SON territoire.

Cependant, si nous nous basons sur les faits précédents, les problèmes se développent toujours dans son territoire, car il est victime de contrôle par son propre père et devient ainsi le contrôlant, dominance qu’il exerce sur Sophie et dont celle-ci a réussi à se dégager. Maintenant qu’il la veut en tant que véritable compagne de vie depuis son changement, il est désormais celui qui attend, celui qui espère et qui est, en quelque sorte, sous le contrôle inconscient de Sophie.
Les rôles ont été inversés. Ainsi, ils doivent tous deux prendre conscience de ce déséquilibre inversé dans lequel ils ont chuté et reprendre leurs rôles respectifs, mais de manière équilibrée, sans le lien de dominant-dominé qui les unissait, non pour le meilleur, mais pour le pire!

Exemple  2:

Josée et Paul sont unis d’une famille reconstituée.

Josée a deux filles et Paul un garçon (William). Paul se sent coupable d’avoir brisé le couple (inconsciemment), alors il compense avec son garçon William en lui étant permissif (excessif) ! De l’autre côté, Josée a dû intervenir à plusieurs reprises pour dicter le comportement inadéquat de William.
William n’aime pas qu’on lui dise quoi faire, il avertit son père que la prochaine fois que Josée intervient dans l’un de ses comportements, il fuit chez sa mère. Paul prend  pour son fils et intervient même brusquement (physiquement) auprès de Josée  et l’avise de ne plus lui dicter sa conduite, sans cela c’est la porte.

Josée apeurée suit les lois de Paul dans la maison, par peur des menaces et peut-être même des coups ! Le clan est donc divisé : les filles d’un côté et les garçons de l’autre. Josée ne s’est plus où se placer dans tout ça; elle est malheureuse, mais ne comprend pas vraiment pourquoi.

Résultat :

Après le divorce,  Paul  a pris le rôle de LOUVE, celle qui couve son louveteau (William). Il n’agit donc plus comme un mâle, il est femelle. Ce qui provoque nécessairement des conflits, non pas seulement au niveau des enfants et du couple, mais en relation sexuelle. Josée n’a pas le goût de faire l’amour avec une autre femelle!

William (le louveteau) a perdu tout paramètre, il n’a aucun encadrement, aucune fermeté, donc il est perdu. Trop de surprotection avec zéro encadrement = la délinquance avec le temps.

Josée vit avec la peur des réprimandes de Paul.  Elle doit se comporter comme une louve qui éduque ses enfants, peu importe si ce n’est pas ses enfants biologiques. Il doit y avoir qu’un seul clan. Il est normal qu’elle ne se sente pas bien; son loup a pris le rôle de la femelle (n’a plus de testicules) et elle-même perd son rôle de femelle dans le clan (son territoire).

Tous ces exemples démontrent bien la similitude entre le comportement des humains et des loups à tous les niveaux (personnel, professionnel et social). On peut ainsi faire un lien avec celui de l’entreprise où chacun, par son rôle, apporte une contribution essentielle à l’équilibre et à l’évolution de cette même entreprise, en respectant l’hiérarchie de ses membres. Une société harmonieuse se définit par l’apport incontesté de toutes ses composantes.

« La réalité de l’animal est égale à la réalité humaine »

.

L’infidélité dans le couple

L’amour est un cheminement et non une solution…

Les personnes qui refusent de s’engager, ne tissent pas de liens facilement.  Selon Steven Carter, en général les personnes qui ont de la difficulté à tisser des liens se raccrochent à leurs fantasmes, au lieu de se rapprocher d’un être réel.

Entamer une relation véritable signifie attacher en permanence de petits morceaux de nous-mêmes  avec quelqu’un d’autre. Avec le temps, des milliers de petits morceaux sont fixés les uns aux autres par des nœuds qu’il faut constamment observés. Lorsque certains se rompent, il faut les rattacher plus solidement; c’est pourquoi la trame de chaque relation est unique. Et si nous refusons d’attacher d’importants morceaux de nous-mêmes à notre partenaire, notre relation demeurera superficielle. Cette relation sera alors dépourvue de la profondeur et de la richesse nécessaires pour faire de la relation un élément authentique, intime et permanent de notre vie.

À partir du moment où notre partenaire et soi-même décidons de nous engager, nos destinées sont liées. Nous ne sommes pas le seul maître à bord d’un vaisseau nommé relation!

Pratiquement tout ce que nous savons de l’amour et de l’engagement, nous l’avons appris de notre entourage (mère, père, frères, sœurs, tantes, oncles, grands-parents). Car la première personne que nous aimons est celle qui s’occupe de nous, celle avec qui nous avons créé un lien d’attachement. Ce sont ces relations, celles de nos premières années qui exercent la plus puissante influence sur notre façon d’aimer et d’être aimé, même si quelquefois elles nous semblaient envahissantes et limitatives. Si nous avons vécu dans notre enfance des expériences négatives répétées, nous perdrons une large part de notre facilité d’aimer.

Parmi les livres consultés, il en ressort que l’expérience de chaque auteur influence leurs écrits.  De ce fait, il me semble difficile d’adopter une direction particulière. Il importe d’analyser cette théorie et d’en faire un résumé selon l’image telle que je la perçois.  Ma théorie est la suivante : on vit une relation de couple, selon l’image de la relation reçue de nos parents, de celle qu’ils ont eux-mêmes vécue et qu’ils nous ont projetée et que nous avons accueillie.

De plus, notre expérience personnelle vient également jouer un rôle prépondérant dans la direction et l’évolution de notre relation amoureuse.

Afin de développer sur ces questions, selon l’auteur Carol Botwin, «on constate l’augmentation du taux d’infidélité des femmes mariées, depuis 1948, qui sont en train de rattraper les hommes.  En moyenne, la moitié des femmes mariées auront été infidèles avant 40 ans. Mais comment prédire qu’une femme sera infidèle ?». Les signes suivants résument, en partie, le schéma de comportement entourant l’infidélité.

Voici quelques-uns des 20 signes observés :

  • L’occasion se présente.
  • L’un de vos parents était infidèle.
  • Vous prenez l’initiative sexuelle avec votre mari.
  • Vous croyez que l’infidélité est justifiée dans certain cas.
  • Vous êtes sur un point tournant de votre vie où vous traversez une crise.
  • Vous êtes frustrée sur le plan sexuel, etc.

De façon générale, l’infidélité commence par ces obsessions mentales.  C’est-à-dire que je laisse place à mon imagination, comme par exemple l’histoire de la petite fille qui rêve à son prince charmant et qui se le décrit selon sa perfection à elle.

L’infidélité, ça commence de la même manière que l’histoire de la petite fille…. c’est-à-dire dans notre tête. Un autre homme que mon conjoint vit dans ma tête et c’est ce qui peut m’amener à être infidèle. Même si cette relation existait entièrement ou presque dans ma tête, j’ai créé ce triangle amoureux. Pour certains, que ce soit réel, virtuel ou imaginaire, il n’y a pas de différence : c’est une infidélité.

Une liaison extraconjugale (unisexe) peut être le moyen parfait de s’affirmer, de se venger surtout!  Se venger de quoi? Et bien de l’humiliation, de critiques et de mépris.  À la guerre comme à la guerre. D’avoir  l’impression de ne pas être  «correct(e)». Alors voilà une bonne occasion de contre-attaquer, de se venger.  Et le seul moyen dont certains connaissent, c’est d’utiliser leurs armes…soit par le charme, soit par la séduction ou bien encore par la victimisation!

La religion catholique avec tous ses interdits a longtemps culpabilisé les hommes et les femmes surtout, concernant  leurs désirs sexuels. Les fantasmes étaient pour plusieurs un dérivatif essentiel, leur permettant d’extérioriser leurs pulsions sexuelles en s’illusionnant sur la non-responsabilité de leurs pensées. Comme certains se justifient en disant « je n’ai pas passé à l’acte, donc je suis fidèle à mon partenaire ».

Maintenant  que dire du «pardon». Doit-on réellement demander pardon?

« Le pardon nous écarte de la conscience de l’inconscient et de la vision de l’invisible parce qu’il nous maintient dans un modèle d’explication et de compréhension des conflits, modèle qui reste prisonnier de la loi du talion (œil pour œil, dent pour dent) ». Jusqu’ici c’est assez technique, là où ça devient plus intelligible c’est que « Si le pardon accélère l’évolution, cependant il ne permet pas d’approfondir la compréhension des manigances de l’invisible, de l’inconscient.

Pour certains, le pardon se fera graduellement après de mûres et profondes réflexions. Ils analyseront leur vie de couple sous toutes les coutures pour enfin se dire qu’il vaut mieux regarder vers le futur, courageusement et avec confiance. Qu’il est essentiel d’essayer de ressouder ces liens qui ont été désunis durant un moment.

D’autres se culpabiliseront, en prenant toute la responsabilité de l’infidélité : si j’avais été là plus souvent, si j’étais plus accessible sexuellement, etc. Ils excuseront leur partenaire; mieux vaut vivre avec un partenaire infidèle car s’il me revient il doit m’aimer, et la promesse d’un recommencement est plus attirant que la solitude.
Quelque soit la réaction, le pardon demande une dépense énergétique importante pour le partenaire offensé et n’est jamais simple.

Que ce soit par une blessure inconsciente, une carence affective dans l’enfance, un manque de communication dans le couple, chaque partenaire est responsable, chacun à sa façon, de l’infidélité. En prendre conscience atténue grandement la signification du mot pardon (œil pour œil, dent pour dent) et permet une plus grand ouverture à soi et à l’autre et ainsi pouvoir évoluer dans une relation de communication et d’empathie.

D’un autre côté, il y en a pour qui la fidélité est capitale. L’expérience diffère de chacun. Par exemple, une personne qui s’est déjà fait trahir ou, qui a déjà connu la perte, sera plus inflexible quant à la fidélité, car elle saura ce que l’on ressent quand on l’a vécue. Elle pourrait même anticiper chaque geste de son partenaire comme un prélude à l’infidélité.

De plus, ces pensées, réelles, imaginaires ou virtuelles, mettront sur l’autre une sorte d’encrage ou de contrôle, afin de maintenir celles-ci sous l’emprise de la personne dite possessive, voire même intransigeante.

Mais où est cette limite qui dépasse le cadre traditionnel des croyances associées à ce que l’on veut nous inculquer comme image?

Parce que si l’on s’entend pour dire que virtuel, imaginaire ou encore réel ne fait pas de différence, alors tout le monde est infidèle.  Que l’on ait une pensée sexuelle pour notre voisin si séduisant, ou encore, que l’on visionne un film XXX avec notre époux, il n’y a donc pas de différence : nous sommes infidèles.

Il serait souhaitable qu’au début de chaque relation, même fusionnelle, que les partenaires se posent mutuellement cette question : qu’est-ce que l’infidélité pour toi?

Ce sujet reste un débat qui pourrait être sans fin.  Le but est de démontrer plusieurs points de vue. Les limites de l’infidélité sont personnelles à chacun. Chaque personne a sa vision  de l’infidélité, c’est pour cela qu’il est primordial qu’au début de la relation, l’on mette les balises de chacune de nos limites.

La fidélité est une partie intégrante à elle-même.  Celle-ci est en lien avec le respect de soi-même et avec la dignité profonde. La loyauté part donc de soi-même envers soi-même.

L’histoire d’Annie

En 2002, Annie apprend l’infidélité de Paul. Annie déchirée, décide de pardonner l’erreur de parcours de Paul.  En 2009, Annie ne comprends plus sa relation de couple, elle  sent qu’elle n’a pas de place dans cette relation, car Paul est un homme extraverti, chaleureux avec les femmes quand il est en boisson, avec un grand besoin de se faire entendre.  C’est un homme imposant, attirant tandis qu’Annie est délicate, réservée. Paul prend beaucoup de place comparativement à Annie.

Mais un jour, Annie fait la rencontre d’un homme à son chalet. Celui-ci lui murmure sans cesse qu’elle vaut mieux qu’un gars qu’il ne la reconnaît pas, du moins qu’elle ne mérite pas d’être laissée dans un coin. Tous ces mots doux qui lui sont susurrés à l’oreille lui fait réfléchir à sa situation de couple actuelle. De plus, cet homme est charmant car il semble bien comprendre la situation que vit Annie.

À l’occasion d’une fin de semaine de filles, Annie et ses amies d’enfance décident  de se réunir dans un chalet mais voilà que l’homme charmant qu’elle a rencontré précédemment  s’invite et ce qui devait arriver, arriva ! L’infidélité d’Annie se concrétise par une revanche inconsciente.  Aujourd’hui, Paul veut essayer de pardonner à Annie, mais à condition qu’elle cesse de voir sa meilleure amie qui a été témoin de son infidélité.

S’il y a eu offense extra conjugale, cela devient une dynamique de trahison quand elle est connue par notre entourage : il y a un déséquilibre énergétique. La personne (l’offensée) se retrouve en perte d’énergie si elle ne fait que subir et ne rétablit pas la situation. Il y a alors un esprit de vengeance qui plane, un certain pouvoir donné à P (Paul), une perte de confiance et ça enclenche la surenchère.

Paul : P

Annie : A

Dans un couple, c’est donnant/donnant; il doit y avoir un échange. Si je te fais un « affront », tu dois me le rendre en moins important pour que l’un comprenne la souffrance de l’autre, sinon le couple est voué à l’échec ou a besoin d’aide!

A (Annie) devrait demander à P comment rééquilibrer la situation ?

  • De quoi mon conjoint a besoin de moi ?
  • De quoi est-ce que je crois que l’autre a peur de moi ?

P subit  un contrecoup, donc il est blessé. Annie doit demander à Paul : qu’est-ce que je peux faire pour rééquilibrer la relation, pour que la confiance se réinstalle graduellement ?

Voici un schéma visuel de la situation triangulaire de leur histoire :

P (Paul) : « J’accepte la trahison, mais avec la blessure que j’ai reçue, je veux que tu souffres à ton tour, je te demande donc  de sacrifier ta meilleure amie en coupant le pont de la relation pour me prouver que tu m’aimes, pour que notre relation fonctionne».

À chaque fois que Paul reverra l’amie, cela lui rappellera la trahison et le replongera dans sa blessure; c’est la raison pour laquelle il veut s’en éloigner pour ne plus la revivre. En lui demandant ce sacrifice, il demande à Annie d’avoir une peine aussi grande que lui.

Paul  en n’exprimant pas sa peine a pour conséquence de  mettre son couple en péril car Annie ne veut pas sacrifier son amie (couper les ponts). Par contre,  Paul devrait exprimer sa peine avec des mots, expliquer à Annie ce qu’il ressent vraiment, afin qu’elle comprenne toute l’étendue de sa peine et du sacrifice qu’il lui demande. Et Annie, de son côté, comprendra que la demande de Paul témoigne de son profond chagrin.

« Un mari et une femme qui sont à couteaux tirés ne sont contents que lorsqu’ils souffrent;  L’infidélité est le moyen idéal de manifester la haine, le dépit et le venin qui alimentent leur union». (Le fruit défendu de Carol Botwin).

«Aime-moi, déteste-moi, mais ne soit pas indifférent». Car être indifférent est le contraire d’être en amour; il n’y a rien de plus souffrant que de savoir que la personne que l’on aime ressent de l’indifférence pour soi. Mieux vaut la colère, la tristesse vécues par l’autre, toutes ces émotions qui présument que l’on est important pour notre partenaire même si ces émotions occasionnent des querelles, des ruptures de confiance passagères, des désillusions, mais elles sont, à tout le moins, vivantes; elles sont un cri du cœur venant de l’autre qui souffre parce qu’il aime.

Crise ou croissance ?

« Dans le mot crise, il y a toutes les lettres qui se retrouvent aussi dans le mot croissance, et dans une crise, il y a une croissance… »

Compromis ou négociation ?

C’est la façon dont on va confronter l’autre qui va être la problématique (l’intention).

Compromis :

Les deux cèdent du terrain pour perdre un jour ou l’autre la face. C’est aussi d’accepter le prix de ce que c’est que d’être en relation. Faire un compromis, c’est compromettre tes propres choix. Faire les deux un compromis, c’est que tous les deux ont fait quelque chose de déplaisant, les deux sont perdants, donc voire une perte de vitalité. Dans ce cas, il y a toujours un des deux qui est gagnant et l’autre perdant…et qui veut être perdant ?

La séduction,  la caresse d’un regard, la fébrilité des gestes interdits, le renouveau sexuel, l’audace de transgresser les tabous peut transformer agréablement notre vie sexuelle et notre intimité, mais, dans la plupart des cas, sera comme un feu de paille qui s’éteindra de lui-même car exempt de vérité, de noblesse. Ce qui se construit dans la culpabilité et la tricherie se détruit au fil de nos illusions imaginaires et chimériques.

L’infidélité comme l’alcoolisme provient d’un manque profond  qui fait réagir la personne, souvent inconsciemment, comme si c’était la seule solution à son problème. Seule une aide professionnelle peut l’aider à réorienter  sa vie sexuelle, sinon elle s’enlise dans des patterns enfouis au plus profond d’elle-même, sans pouvoir  vraiment s’en sortir et ainsi brimer son intimité en recréant ce modèle tout au long de sa vie.

Le coaching relationnel de couple (CRC) permettra de conscientiser ce manque afin de trouver des alternatives positives et enrichissantes pour que la personne puisse vivre sainement sa relation de couple..

Le couple et la construction

Le couple de la maison purénergie

La construction ou la rénovation d’une maison est reconnue comme étant la 2ème  source de stress la plus importante pour un couple après l’attente d’un enfant. Votre stress, comment le gérez-vous?

À la construction de notre maison « Pure énergie », mon mari est devenu obsédé. Il angoissait devant chaque possibilité d’erreurs ou face à la recherche de LA personne qui aura la compétence pour se joindre au projet. Ses idées n’étaient pas constantes, celles qui étaient bonnes un jour ne l’étaient plus le lendemain; elles changeaient fréquemment. Il passait bon nombre de nuits blanches à réviser les plans, à se consacrer à l’étude des énergies renouvelables, à revoir les enveloppes du bâtiment, à la recherche de matériaux éco responsables. Les sujets qui le tenaient éveillés n’étaient pas en manque. Il s’est créé un mur de revues sur la construction verte, en plus d’obtenir le poste de directeur du conseil du bâtiment durable et de devenir responsable de « Leed habitation ». L’homme que je voyais n’était plus le mien, mais Dieu merci, il est revenu.

NOUS SOMMES LES ARCHITECTES DE NOTRE COUPLE…

Ne soyons pas aveugles et acceptons de bien regarder la réalité en face : entreprendre des travaux en couple, c’est aux antipodes de la lune de miel.

Ceux et celles qui sont passés par cette étape sauront plus exactement de quoi il est question. Planifier des rénovations ou bâtir un nid d’amour peut rapidement devenir un cauchemar si les planifications émotionnelles et psychologiques n’ont pas été soulevées. Quelle est votre capacité à négocier? Ne restez pas surpris lorsque vous comprendrez que les cadres de métiers ne seront pas les seuls avec qui vous devrez négocier; celui (celle) avec qui vous passez votre vie, votre amoureux (se), sera aussi de la négociation.

Avant même de songer à contacter un entrepreneur, un designer ou qui que ce soit, il est primordial que le couple détermine ensemble ce qu’il souhaite exactement et cela mérite plusieurs discussions durant lesquelles on se parlera en long, en large et en travers. Cette étape est d’autant plus importante lorsque nous savons que la non-communication demeure une source de conflit et de rupture qui s’étend sur plusieurs niveaux, si elle n’est pas immédiatement prise en charge. Il est crucial de maîtriser cet aspect d’une relation, tout en prenant bien garde à ne pas blâmer l’autre, ni l’insulter, sans trop généraliser avec l’utilisation de mots comme « toujours » ou « jamais ». Discuter d’une chose à la fois sans oublier que vous devrez aussi écouter ce que l’autre a à vous dire est véritablement la clé, car l’écoute fait également partie de la communication. De plus, il est primordial d’éviter les phrases à caractère « destructeur », car ni l’un ni l’autre n’aboutira à quelque chose de sain en les utilisant. Par ces phrases, j’entends entre autres par exemple : « Tu dis toujours des choses que tu ne fais jamais ».

Je me suis alors questionnée : quel était mon rôle à moi dans ce projet de construction? J’ai ainsi rapidement réalisé que cette maison serait bien loin des habitations banales et ordinaires. Je ne connaissais rien à l’énergie renouvelable et encore moins à ce qui a trait aux bâtiments « verts ». Évidemment, je compris que je devais me retirer en ce qui concernait l’enveloppe du bâtiment, ce n’était pas l’endroit où mettre mon grain de sel. Je me suis vite aperçue que l’architecte avait un bagage important en matière de conception raffinée, ce qui me permettait alors de me concentrer sur la pièce qui allait être irrévocablement la mienne, la cuisine. Ce serait ma cuisine!

Ce que je craignais le plus devait évidemment arriver: les délais s’éternisaient. Trois ans et demi à vivre dans le haut du garage d’une ancienne marina non isolée, endroit où la chaleur devient infernale l’été et le froid impartial l’hiver. Tout cela sans compter les boîtes de déménagement jamais ouvertes, entreposées dans le haut d’une mezzanine construite par un beau-frère qui, à la recherche d’un emploi, s’était offert à la tâche. Quelques jours plus tard, la mezzanine s’est affaissée sur le sol. La sérénité et le calme m’ont alors sauvagement abandonnée. Ma tolérance à ce moment-là a très bien été évaluée.

COMMENT BÂTIR SANS QUE ÇA S’ÉCROULE

La procrastination et les humeurs en dents de scie d’un conjoint stressé, dépassé par les évènements ne sont pas les seuls défis qui guettent un couple lors de rénovations ou d’une construction. Dans la course, on prend le risque de vivre au milieu d’un effroyable fouillis, de perdre un temps fou à mettre la main sur ce qu’on recherche, de se sentir constamment envahi dans notre intimité (voire par la proximité des enfants), de passer tous nos moments libres dans un centre de rénovation, un salon de l’habitation ou design. Le tout en se posant cinquante-six questions « existentielles » à propos de la tuyauterie, de la disposition des armoires ou encore à propos de la couleur du bois extérieur.

Malgré tout, la question du budget et les problèmes que cela peut soulever n’ont pas été abordés. Avez-vous également compté les possibilités de mauvaises surprises qui surviennent immanquablement en cours de route, comme un retard de livraison, une mesure de fenêtre inadéquate ou les avaries de température? Le tout submergé par les divergences d’opinions avec notre tendre moitié. L’entrepreneur n’a qu’à bien se tenir avec les « c’est trop compliqué », « on ne peut pas faire ça » ou autres arguments plus ou moins fondés pour justifier sa méconnaissance sur ce qui est inhabituel dans une construction ou une rénovation. Chaque couple doit donc prévoir un plan d’action pour mener à bien ses rénovations ou sa construction.

Après tout cela, personne ne s’étonne que le temps des rénovations soit particulièrement propice aux disputes de couple. D’un point de vue émotif, les rénovations peuvent en effet constituer un vrai défi pour le couple, car pour réussir ces travaux sans qu’il s’effrite, il doit avoir une bonne communication, prévoir du temps d’intimité.

REBÂTIR CE QUE LA CONSTRUCTION A DÉMOLI de façon consciente…

Afin de créer une harmonie dans son couple, il est important d’apprendre et de comprendre qu’est-ce qui déclenche nos réactions et celles de notre partenaire. Quels sont les points respectifs de chacun à éviter, ceux qui nous ont fait rapidement nous transformer en des « enfants blessés? ». Le couple doit ensuite apprendre comment il peut s’aider lui-même afin que les conjoints deviennent les artisans d’une guérison intérieure..

Conflit de silhouette

L’être humain est une merveille qui a tout en lui pour fonctionner parfaitement. Quand il a besoin de repos, il commence à se sentir fatigué. Quand il est nécessaire qu’il boive, il commence à avoir soif et quand il a besoin de nourriture, il commence à avoir faim. Beaucoup de femmes se trouvent trop grosses ou ont peur de grossir parce qu’elles craignent de perdre l’estime des autres et le pouvoir qu’elles ont sur la société.

S’ils connaissaient la raison pour laquelle les femmes occidentales se font autant de soucis, les animaux en riraient. Dans le monde animal, on trouve le gros Saint-bernard aussi beau que le lévrier. Et pourtant, les êtres humains aussi bien les gros que les maigres refusent souvent de jouir encore de leur nourriture !

Pour  « maigrir », on suit toutes sortes de cures de jeûne, soit disant « pour la santé ». Imaginer alors comment notre fameux Saint-bernard froncerait les sourcils d’étonnement en entendant cela. Lui, sait très bien qu’on garde une bonne santé en mangeant ce dont on ressent le besoin.

Curieusement, la nourriture dont on a le plus envie pourrait être celle dont on a le plus besoin…

Le poids idéal n’existe pas

Nous avons tous une taille unique et une silhouette corporelle naturelle. Une taille unique ne convient pas à tout le monde.

Plusieurs personnes, surtout les femmes potelées, se font du souci quand elles se pèsent ou quand elles lisent des articles concernant la minceur. Elles sont en mode comparaison.

Elles consultent alors un médecin, un spécialiste de la nutrition, un entraîneur, ou tout autre professionnel de la santé qui confirmera généralement qu’elles ne sont pas bien telles qu’elles sont et qu’elles doivent maigrir parce que leur poids ne correspond pas au tableau prescrit.

En fait, c’est un chiffre et c’est tout….

Le monde médical a décidé… que le poids devait correspondre à des chiffres, à des normes nord-américaines. Ces normes sont limitatives. Curieusement, lorsque votre poids ne correspond pas à ces chiffres… vous entrez dans une perception incorrecte de vous-même, ensuite dans la culpabilité, la dévalorisation de soi et finalement la perte d’estime de soi et ce, à différents degrés. Développer un corps en santé  peut s’avérer difficile. L’image positive du corps doit être renforcée au moyen d’une variété de canaux différents.

L’obsession de Virginie….dans ses mots….

Tous les matins, sans aucune exception, en mettant le pied au sol, mon discours intérieur débutait. Un discours qui ne portait que sur mon obsession, celle de mon excès de poids. Une obsession trop lourde à porter, trop ancrée en moi et être incapable de m’en débarrasser. « Encore une journée dans cet « h… » de corps-là ». Dès mon réveil, entre ma chambre et la salle de bain, ma première préoccupation matinale était de me demander si mes fesses allaient bientôt déborder du siège…

Par la suite, en retournant dans ma chambre pour m’habiller, devant le miroir, je me regardais de la tête aux pieds. Je me regardais du devant, de côté et parfois derrière. Je me regardais en espérant voir autre chose que ce que le miroir m’offrait. Sincèrement, je me dégoutais, je me rabaissais. Je m’infligeais des répliques dévastatrices, méchantes comme : « c’est de ça que t’as l’air grosse truie ».

Tous les jours à essayer de me battre contre un discours pareil, j’en suis venue à me détruire totalement … jusqu’à  me laisser emporter par le courant de cette obsession. Ma solution était claire : me bâtir une armure de confiance, de solidité et de force pour ne pas laisser transparaître ce manque d’estime, cette sensibilité et cette tristesse qui m’habitaient. Tout cela fonctionnait bien.  Les gens me percevaient comme étant une personne forte, confiante, à qui l’on pouvait se fier, car je semblais être capable d’en prendre. Mon problème intérieur prenait de l’ampleur. Plus j’en prenais, plus j’élargissais. Je voulais tant qu’on m’apprécie ; plus que ça, je voulais avoir de l’importance aux yeux des gens. Mais la vie m’a vite rattrapée.

Après un certain temps, je me suis rendue compte que je n’allais plus, que même si je faisais de l’exercice, même si je mangeais sainement, rien ne fonctionnait ; j’engraissais même. J’ai finalement compris que j’aurais beau faire tous les exercices qui puissent exister, manger des carottes et de la luzerne à tous les jours, rien de cela m’aiderait si mon discours mental restait le même. Effectivement, j’ai compris que c’était mon mental qui dirigeait tout. Ce discours intérieur qui me détruisait tranquillement, qui me maintenait dans une vie irrationnelle, m’entrainait dans un cercle vicieux dont je n’étais pas consciente.

Après cette constatation, cette révélation, j’ai longtemps essayé de donner la responsabilité de cet excès de poids à mes grossesses, mon  travail, le manque de temps, mon conjoint, etc. Mais ma conscience me ramenait vite à la réalité, celle de me responsabiliser. Un mot qui à ce moment-là, n’avait aucun sens dans ma tête. Durant ce temps, ma petite voix intérieure, celle qui faisait partie intégrante de mon corps, celle qui dirigeait pratiquement tout, continuait à me rabaisser, me dénigrer, me dévaloriser.  Je voulais la faire taire, mais ne sachant pas comment, elle prenait de la force pour me contrôler davantage jour après jour.

J’ai dû faire un long travail psychologique pour finalement comprendre que je devais à tout prix arrêter de vouloir perdre du poids. Curieusement, plus je me disais que je devais perdre du poids, plus mon cerveau assimilait que je devais perdre une partie de moi. Effectivement, malgré le fait que je ne l’aimais pas, mon poids me procurait une impression d’être forte, me permettait de ne pas démontrer aux gens mes faiblesses, mon manque d’estime. Donc, si je perdais ce  surplus de poids, je perdais en même temps cette protection. J’étais donc prise entre deux :  la volonté de vouloir atteindre une silhouette que j’accepterais, et le désir de vouloir garder cette fausse apparence de pouvoir. Après cette constatation, j’ai réalisé que si je ne faisais que perdre des kilos sans travailler sur mon discours mental, tout cela ne serait qu’une satisfaction éphémère qui provenait de ma croyance personnelle. Ma croyance  que je dois faire des efforts pour obtenir quelque chose.  Mais l’acceptation ne dépendait pas de nous, elle était en moi.

Exemple

Dans un concours, je viens de gagner un voyage et au dernier moment je réalise que je n’ai pas inscrit le numéro de téléphone pour me rejoindre sur le billet d’inscription. Par conséquent, quelqu’un gagne à ma place. Je ne l’accepte pas, je me culpabilise d’avoir oublié. Je reste dans cette pensée obsédante,  jusqu’au moment où  j’apprends que l’avion s’écrase et que la personne meurt : ça me permet de l’accepter, ça me permet de  lâcher prise. Je me trouve même chanceuse d’avoir commis cet impair.

Personnellement, j’ai ce côté en moi qui ne lâche pas prise facilement; en clair qui n’accepte pas.  Je reste dans l’idée de résistance, car à mes yeux et dans ma compréhension ;  lâcher prise, c’est dangereux.  J’ai compris qu’il fallait que j’arrête de vouloir lâcher prise. J’ai compris que je devais tout simplement me resituer autrement dans ma réalité.
Mais me resituer face à mon poids, c’est de me reconnaître, me faire voir, me faire respecter, être validée ; c’est retrouver mon identité, c’est compter pour l’autre.

Inconsciemment, je veux à tout prix avoir du poids pour l’autre. Tant que je suis dans l’attente de l’autre… je ne me respecte pas. Dans une relation de couple, humaine, sociale, tant que je veux compter pour l’autre, je n’existe pas pour moi. La véritable relation est quand chacun est dans le respect de son identité, de sa vérité. Chacun est sans attente de validation de reconnaissance. Car, tant que je suis dans cette attente, je vais faire des choses dans l’intention d’être « reconnue ».

Pour lâcher prise, je dois accepter entièrement d’être importante. Attention, être importante pour moi, non pas dans le regard des autres, de ma famille ; moi, tout simplement moi. Comme j’ai l’impression de ne pas être importante,  je crée une masse dans ma  biologie. Nous exprimons en biologie ce que nous ne savons pas mettre en conscience. Ce que je suis a du poids !

Exemple du magasin de bonbons

Un parent et son enfant entrent dans un magasin de bonbons.

Le parent demande à son enfant : « Qu’est-ce que tu veux ? » Sans attendre, le parent rajoute : « Prends, tout ce que tu veux… et si tu en veux encore reprends-en, redemande  encore. »

L’enfant répond : « Non, ça va ».

Il n’y a alors aucune résistance de la part du parent. L’enfant a droit à tout. Il ne se sent pas privé. Il n’est pas dans l’attente car tout est là. Ça, c’est une guérison pour toute la vie! Cet enfant-là n’associera pas le manque, l’importance qu’on donne au manque et la place réservée dans le corps pour combler ce manque. Il a droit à tous les bonbons du monde sous ses yeux.

L’anorexie

Voici l’histoire vécue de LO qui se vit au quotidien… C’est son histoire, elle la partage avec vous.
Une véritable phobie, une obsession si intense qui monopolise ma vie, contrôle mes moindres gestes, influence mes décisions. Une phobie que je sais irrationnelle, mais qui ne veut pas me quitter. J’ai beau me parler, j’ai beau essayer de parler plus fort qu’elle, rien ne fonctionne. Elle raisonne dans ma tête comme si celle-ci était vide, comme si seulement elle se devait d’exister. Mon corps affamé m’envoie des signes que ma tête, trop malade, ne semble pas comprendre. Étourdissements, faiblesses, nausées, maux de tête, fatigue et vertiges, font maintenant partie de ma journée. Malgré la connaissance des conséquences, je poursuis mon combat contre la nourriture.

Trouver le bonheur dans un chiffre

Un ventre  plat qui crie famine est devenu, pour moi, signe de réussite. Un sentiment de satisfaction m’envahit lorsque, sur la balance, les chiffres se mettent à descendre.  Une grande fierté jaillit en moi lorsque je réussis à ne manger que quelques calories dans ma journée.  Tranquillement, je laisse de plus en plus place à cette voix qui semble me procurer tant de bien. Tout va de mal en pis, le ventre plat ne me satisfait plus, les chiffres ne descendent plus assez vite, les calories semblent trop élevées ; en résumé, je suis constamment déçue de moi. La seule solution possible, reprendre le contrôle et redoubler d’efforts pour parvenir à trouver le bonheur dans un chiffre, dans une silhouette qui, pour moi, semble parfaite. Jogging, restrictions, laxatifs, vomissements, calculs de calories, ainsi qu’un nombre plus qu’obsessif de détours sur la balance sont devenus mes alliés. Sachant très bien que ce que je fais subir à mon corps me nuira à long terme, les symptômes qui se font ressentir en ce moment, sont tellement minimes comparativement au sentiment de contrôle et de satisfaction que tout cela m’apporte, que je continue de plus belle.

Mes stratégies sociales

Les mises en garde de mon médecin, de mes amis, de mon copain et de mes parents ne me font pas peur. Tranquillement, je m’isole afin d’exercer un meilleur contrôle : fin des soupers en famille et entre amis, aucune activité qui pourrait être propice à la consommation de nourriture ou d’alcool. En gros, je décide de me tenir loin de mon pire ennemi du moment, les calories. Mes efforts sont récompensés. Je perds du poids, je fonds à vue d’œil. Mes os dénudés de  muscles et de peau deviennent proéminents, ce qui me rassure. Je serai peut-être trop maigre, mais je ne serai jamais grosse. Les chiffres diminuent, je perds gras et muscles. En même temps, je perds aussi mes amis, mon chum, ma concentration, ma capacité à fonctionner, ma capacité à raisonner correctement, ma bonne humeur, mes journées et ma capacité à travailler.

Mourir ou guérir

Seule et en congé de maladie, je passe mes journées à calculer mes calories, élaborer des plans alimentaires, me peser avant et après chaque action. Je ne sais même plus le nombre de fois où je peux me regarder dans le miroir, en prenant bien soin de lever mon chandail afin de vérifier mon ventre, mes bras, mes cuisses, mon dos, mes fesses ou du moins ce qu’il en reste et jamais je ne suis satisfaite. J’en veux toujours plus, ou toujours moins, je ne le sais plus. Je n’aime plus ma vie, elle est rendue terne, sans moment de joie. Je ne ressens plus le sentiment de satisfaction que j’éprouvais au départ. Ma sensation de contrôle absolu est devenue un énorme sentiment de perte de contrôle totale. J’ai maigris, je n’ai plus une once de gras sur moi, mais je n’ai toujours pas trouvé le bonheur. Moi qui était convaincue qu’en devenant plus mince, j’allais atteindre la capacité à être heureuse. Je me retrouvais aujourd’hui à choisir, entre mourir ou guérir.

Mon cheminement

L’anorexie mentale et la boulimie comportent des symptômes similaires. Dans les deux cas, une phobie de prendre du poids est présente et des comportements pour éviter cette possibilité sont exécutés. La personne souffrant d’anorexie utilise, la plupart du temps, la restriction, tandis que la personne au prise avec la boulimie utilise des moyens compensatoires tels que : les vomissements, les laxatifs, l’exercice physique pour diminuer leur anxiété après un épisode boulimique. Certaines personnes souffrant d’anorexie ont ce qu’on appelle une anorexie avec vomissements ou purgation.

En effet, plus notre corps est privé d’un aliment, plus son besoin se fait ressentir. Donc, une personne qui s’exerce à énormément de restriction alimentaire pourra éventuellement succomber à une tentation et souffrir d’une boulimie ponctuelle. Malgré  le fait que les symptômes diagnostiqués de ces deux maladies soient centrés sur le poids et la perception que les personnes ont de leur corps, la raison primaire d’un trouble alimentaire reste beaucoup plus profonde qu’un simple complexe physique. Le traitement de cette phobie et des ces agissements qui contribuent à détruire petit à petit la vie d’une personne, vise à trouver la cause première du trouble alimentaire. D’où vient ce besoin de contrôle, d’où vient ce besoin de satisfaction, cette mauvaise estime de soi, ce sentiment de ne rien valoir si nous pesons un gramme de plus.

Le processus pour s’en sortir peut être ardu et émotionnellement difficile, car le trouble alimentaire cache souvent une grande souffrance qui vient de loin. Une souffrance intérieure qui se traduit par des symptômes extérieurs. Le danger est de vouloir simplement soigner le problème physique en omettant de trouver la blessure, le manque ou l’insatisfaction ; ceci aura pour effet de régler que temporairement le problème et le risque de récidive peut alors être beaucoup plus élevé.

L’hospitalisation

Le traitement vise à éviter les problèmes physiques possibles, mais aussi à faire un grand travail sur soi afin de prendre conscience des déclencheurs et de trouver les solutions pour y remédier. Pour ma part, le traitement fut ardu, je l’avoue. Beaucoup de larmes, beaucoup de questionnement, des choix difficiles, parfois de la colère, parfois des moments heureux, un traitement difficile mais qui m’a permise de retrouver une vie meilleure; une vie remplie de beaux moments et de confiance en soi. Mon cheminement se poursuit, mais la différence est grande, importante et j’en constate déjà les bénéfices.

Chaque personne a son histoire. Chaque personne traine avec elle ses blessures, et chaque personne utilise les moyens qu’elle connaît pour se tenir la tête hors de l’eau. Parfois, la solution utilisée semble adéquate et pour ma part, il m’a fallu un certain temps pour découvrir qu’il existe des solutions beaucoup plus efficaces et beaucoup moins destructives que l’anorexie pour pallier à certains manques. Je sors grandie de toute cette histoire et je souhaite, de tout cœur, à ceux et celles qui vivent quelque chose de semblable à ce que j’ai vécu, de trouver une personne ressource qui leur permettra de voir enfin la lumière au bout du tunnel.

D’un point de vue thérapeutique

Guérit-on de l’anorexie?

Non, on ne guérit pas de l’anorexie…on identifie notre manque et on trouve des moyens pour le gérer!

À titre comparatif, l’obésité, c’est prendre de la masse pour que l’autre me remarque, pour être important aux yeux de l’autre. Par opposition, l’anorexie, c’est que vous ne voulez pas être visible aux yeux des autres, tout en vous assurant d’exister  pour les autres.

Psychologiquement, l’anorexie, c’est que vous n’avez pas envie de manger et vous avez tout à fait raison, parce que cette nourriture-là, elle ne vous intéresse pas. En fait,  la seule nourriture dont vous avez besoin, c’est celle qui vous nourrit vous.

Et qu’est-ce qui vous nourrit?  Ce sont toutes les choses qui sont bienveillantes pour vous. Des choses telles que : de la reconnaissance, s’accepter, s’aimer telle que l’on est, sentir l’amour des autres, faire confiance, s’accorder de la valeur, etc.

Il n’y a pas plus inhumain qu’un régime…

Faire quelque chose dans l’urgence vous amène à entretenir l’illusion du manque… La question à se poser : où se trouve-t-elle l’urgence? Plus vous êtes dans  l’urgence, moins vous vous aimez et plus vous vous maintenez dans l’illusion. L’urgence est par rapport aux autres. En fait, c’est par rapport à l’impact, aux regards des autres.

Exemple : l’été est arrivé, il vous reste peu de temps pour perdre 5 livres. En fait, perdre 5 livres pour avoir l’illusion d’être mince.

Vos amies veulent aller au restaurant. Compte tenu que vous êtes dans cette illusion, vous fuyez tout rapport avec la nourriture. Vous êtes affectée socialement. Vous refusez d’aller au restaurant. Vous avez beaucoup de talent à vous inventer des raisons qui vous permettent de fuir et de vous justifier. Et malheureusement, plus  vous fuyez, plus vous vous rejetez. Moins vous vous aimez, moins vous vous acceptez.

Vous croyez fuir la nourriture telle que : protéines animales et végétales, fruits, légumes, etc., mais dans la réalité, vous  fuyez la vraie nourriture, c’est-à-dire : l’amour que vos amies ont pour vous. Car cette nourriture là, vous ne la reconnaissez pas. Peut-être qu’elle ne vous est pas familière cette nourriture d’amour!

Prise de conscience

Le meilleur amour qu’on peut donner à quelqu’un, c’est  d’être vraiment soi-même, ce n’est pas ce qu’on fait pour l’autre. C’est de s’aimer soi-même. Facile à dire, vous en conviendrez mais si vous vous retrouvez dans ces descriptions, je suis convaincue que vous ne vous aimez pas… enfin pas beaucoup et pas tout le temps. Vous savez sans doute que vous devez lâcher prise vis-à-vis le regard des autres.  Vous devez accepter la vie en vous.  Elle est inestimable et belle, telle qu’elle est.

N’exigez rien de vous-même, ni des autres.  Trouvez votre importance, votre manque qui vous amène à vous maintenir dans cette illusion. Votre importance, c’est peut-être d’être reconnue, appréciée, aimée. Peut-être que vous connaissez déjà votre manque. Peut-être pas? En fait, ce sont des besoins fondamentaux qui  viennent nourrir l’être et non le corps. Votre anorexie est reliée à votre manque.

Si vous lisez ces lignes, c’est que vous espérez trouver des solutions. Non, on ne guérit pas de l’anorexie, on reste fragile face à notre manque, mais la belle nouvelle, c’est qu’on puisse guérir de notre manque.

Guérir le manque est  le meilleur chemin pour comprendre votre anorexie et à tout le moins, tenter de la gérer..